Dans tous les secteurs, dans presque toutes les entreprises, la révolution numérique provoque des secousses. Pas un dirigeant de société ne peut ignorer l’assaut de l’information mobile, des mégadonnées (big data) ou encore de l’intelligence artificielle. Ces nouvelles technologies promettent d’immenses gains d’efficience, mais portent aussi la menace d’un laminage par quelque jeune entreprise de la Silicon Valley.

Jusqu’à présent, ces turbulences sont survenues dans un contexte exceptionnellement calme. L’économie mondiale a fonctionné au ralenti, mais fait preuve d’une relative stabilité : le produit intérieur brut (PIB) mondial a augmenté à un rythme (lent) quasi identique d’une année sur l’autre depuis 2012. Les marchés financiers ont affiché une faible volatilité, et les prix des actions se sont inscrits surtout en hausse.

(...) Mais, curieusement, la stabilité économique générale à aidé à faire face au tumulte technologique. Au lieu de devoir prendre des décisions difficiles concernant de nouvelles dépenses d’investissement dans des secteurs en évolution rapide, les dirigeants de société ont injecté leurs bénéfices dans le rachat de leurs propres actions. La vigueur des bénéfices a aussi encouragé les fusions-acquisitions.


En 2015, les patrons ne pourront plus compter sur la stabilité des marchés de capitaux pour se protéger des turbulences dans leurs secteurs, car le contexte macroéconomique deviendra encore plus instable, tandis que les tensions microéconomiques s’amplifient. La révolution numérique va s’accélérer. (...)

Ces dernières années n’ont pas été faciles pour les entreprises. Piloter une société à travers une révolution technologique est une épreuve, même quand les marchés de capitaux sont cléments. Mais la piloter quand des bouleversements surviennent est bien plus difficile.

Préparez-vous à assister à l’année la plus rude pour les entreprises mondiales depuis la récession de 2008-2009.


Hors-série Courrier international - Le monde en 2015
Zanny Minton Beddoes, Spécialiste du monde des entreprises à The Eonomist